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La blancheur qu'on croyait éternelle - Virginie Carton

3 Juin 2014 , Rédigé par Nicole Grundlinger Publié dans #Romans

La blancheur qu'on croyait éternelle - Virginie Carton

Tous ceux dont l'enfance et l'adolescence ont été bercées par les chansons d'Alain Souchon seront inévitablement attirés par ce titre qui les replongera quelques années en arrière. Ils seront encore plus charmés par la petite musique de ce joli livre, roman de trentenaire (limite quadra), bien ancré dans son époque et dont les références culturelles sans prétention piochent avec talent dans le répertoire de la chanson française. Ce qui donne à l'ensemble un charme certain grâce à la proximité créée par ces appels à une mémoire profonde et quotidienne.

"On porte en soi des images de films, des chansons qui surgissent à des moments inattendus de nos vies, qui font de nous quelqu'un ayant appartenu à une époque. Il nous reste des empreintes de ces histoires qui nous ont marqués, de ce temps où l'on croyait la blancheur éternelle. On voulait que notre vie ressemble à ce moment-là, à ce plan parfait."

C'est l'histoire de deux êtres un peu décalés, enfermés dans une solitude plus subie que réellement souhaitée, parce que les codes d'accès à la société leur semblent trop complexes ou trop éloignés de ce qu'ils sont en réalité. Mathilde a trente-quatre ans, un excellent diplôme, un physique avenant et une mère "castratrice" qui l'empêche clairement de développer la confiance qui l'aiderait à mieux vivre. Sa référence, c'est Romy Schneider dont elle s'applique à reproduire les phrases et la couleur de cheveux. Mathilde cherche sa voie, opte pour la vente de chocolats, parce que le produit lui plaît. Lucien a trente-six ans. Pédiatre, il vient d'ouvrir son cabinet et de rencontrer par la même occasion une bande de voisins qui pourrait se transformer, pour la première fois de sa vie à ce qui ressemble le plus à une bande de copains. Même s'il n'aime pas trop faire la fête et qu'il n'est pas très à l'aise avec les SMS. Sa référence, son idéal, c'est l'élégance de Jean-Louis Trintignant, surtout dans "Un homme et une femme". Le plus drôle, c'est que Mathilde et Lucien habitent le même immeuble, sans le savoir. Chacun voudrait briser sa solitude sans trop savoir comment s'y prendre. Chacun cherche l'endroit qui lui ressemble, là où il se sentira chez lui. Et comme dans les contes de fée...

Mais ne dévoilons pas la fin, ce serait dommage de se priver du cheminement pour y parvenir, en compagnie de ces deux anti-héros bien sympathiques auxquels chacun pourra plus ou moins s'identifier. Deux gentils déphasés agréables à suivre grâce à la prose efficace et juste de l'auteur qui parvient à trouver la légèreté et la petite dose de poésie qui font le charme des chansons de Souchon.

"La blancheur qu'on croyait éternelle" - Virginie Carton - Stock - 222 pages

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