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La neige noire - Paul Lynch

24 Octobre 2015 , Rédigé par Nicole Grundlinger Publié dans #Romans

La neige noire - Paul Lynch

Impressionnée par le premier roman de Paul Lynch, "Un ciel rouge, le matin", j'étais curieuse de découvrir le second et de retrouver la puissance d'évocation de sa plume, ses paysages qui prennent possession de la page, sa façon de peindre la violence des sentiments. Aucune déception, bien au contraire. On retrouve toutes les qualités déjà remarquées, au service d'une narration qui gagne en maturité, qui sait prendre le temps d'installer une ambiance, qui approfondit les caractères de ses personnages. Sans perdre de sa force.

L'Irlande toujours. Mais à une autre époque et par un autre chemin. Nous passons du 19ème siècle au milieu du 20ème. Pour Barnabas Kane, c'est le temps du retour au pays. Parti aux Etats-Unis alors qu'il n'était qu'un jeune orphelin fuyant la misère, il a travaillé sur les chantiers des gratte-ciels new-yorkais, s'est construit un foyer. Jusqu'à ce qu'une sorte de mal du pays l'incite à revenir s'installer dans le Donegal en tant qu'éleveur avec sa femme Eskra et son fils Billy. Mais l'accueil est difficile au milieu d'une population qui ne le reconnaît plus tout à fait comme un des leurs. Lorsqu'un incendie ravage l'étable, tuant le bétail et l'homme qui aidait Barnabas, les passions se déchaînent.

La région est pauvre, les privations sont accentuées par la Guerre sur le point de se terminer mais qui se manifeste parfois par le survol d'un avion de chasse ou d'un bombardier. Les habitants ne sont pas très prolixes. L'incendie était-il criminel ou bien est-ce le résultat d'un banal accident ? A moins que les ancêtres et leurs fantômes ne se soient ligués contre celui que l'on considère comme un "faux pays" ? Pressé par Eskra de retourner aux Etats-Unis, vers la modernité, Barnabas se braque et persiste, décidé à reconstruire malgré l'hostilité qui grandit autour de lui. Au risque de tout perdre.

Encore une fois, Paul Lynch excelle à peindre un décor où la nature règne en majesté. La campagne irlandaise est là, sous nos yeux se mêlent le vert des vastes pâturages, les bleus et les gris des ciels changeants. L'atmosphère est chargée d'électricité et lestée du poids du passé et des traditions que personne ici ne veut abandonner. Une opposition terrible entre cet ancien monde et le nouveau qu'a connu Barnabas à New York et qui lui a peut-être fait croire que tout était possible. Là-bas, peut-être. Ici, rien n'est moins sûr.

Il faut se laisser porter par la plume envoûtante de Paul Lynch, se laisser transporter au rythme de ses phrases colorées, se laisser bousculer par la puissance des sentiments qui s'expriment. Plus qu'une lecture, un voyage au plus près de la nature humaine.

"La neige noire" - Paul Lynch - Albin Michel - 305 pages (traduit de l'anglais par Marina Boraso)

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Dominique 25/10/2015 09:18

pas encore dispos dans ma médiathèque mais je ne désespère pas

Nicole Grundlinger 25/10/2015 12:23

Déjà lu 'Un ciel rouge, le matin" ? Sinon, c'est idéal pour patienter...