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Petit jeu de confinement littéraire : paroles de bibliothèque

1 Avril 2020 , Rédigé par Nicole Grundlinger Publié dans #Listes

C'est encore une fois Delphine qui a initié ce petit jeu. Nous sommes un certain nombre à nous tourner vers nos livres pour y piocher un peu de réconfort, matière à réflexion ou à évasion. Pour ma part, la contemplation de mes bibliothèques a quelque chose d'apaisant. Delphine s'est amusée à écrire un petit texte pour parler de cette période quand même très spéciale à l'aide des titres des livres de sa bibliothèque. Impossible pour moi de ne pas relever le défi et je confirme, c'est très ludique.

Alors ? Vous jouez aussi ?

Petit jeu de confinement littéraire : paroles de bibliothèque

A force de courir après les ombres c'est la grande panne. Le temps est à l'orage, la mer monte et les impatients que nous sommes se trouvent désormais sous la vague. Fini le temps de l'innocence, à l'arrêt le monde en marche, envolée l'insouciance. Place à la vie en sourdine. A l'ordre du jour : le chaos calme. La physique des catastrophes est bien réelle. Seules les bêtes, dans la forêt continuent à courir. Pour nous, les vacances sont bel et bien terminées. Nous savions les déraisons après trois saisons d'orage. Se persuader que "Ah ça ira" était casse-gueule. A trop chercher l'or, à trop éviter de se demander pourquoi les hommes fuient, à trop souffler sur les braises, l'humanité fait face à la punition qu'elle mérite.

Par les écrans du monde, je contemple d'autres vies que la mienne où la lumière s'effondre. Je mesure la distance entre nous, ce qui nous lie et ce qui nous sépare. Posée sur le tapis du salon, je me sens comme une fille au bois dormant. Durant les heures silencieuses, je pense à la question humaine, à ce qu'il se passera après le monde. Saurons-nous repenser le cercle des hommes ? Accompagner le règne animal ? Pourrons-nous repartir par les routes et relever les échoués ?

Cette nuit, je pense à demain. Je l'espère pacifique. Je veux croire que les heures des jours sans fin nous mèneront vers une immense sensation de calme, vers le paradis des animaux et la vie dans les bois. Certains se tourneront vers la religion, craindront cent ans de solitude, d'autres voudront surtout croire au merveilleux. Bienvenue au club !

Il nous faudra renouer avec le goût du large, le parfum des embruns, la légèreté. Accepter le paradoxe du bonheur. En attendant, j'ouvre les yeux, je contemple depuis ma fenêtre l'arbre-monde, le soleil et ses fleurs et je rêve à la grande escapade.

Un jour je dirai "je m'en vais" et j'irai dévorer le ciel. Parce que c'est simple : le salut viendra de la mer... ou de Francis Rissin.

Avec l'aimable participation, par ordre d'apparition de : Sigolène Vinson, Hadrien Klent, Jérôme Lafargue, Aude Le Corff, Maria Pourchet, Anne Percin, Edith Wharton, Benoît Duteurtre, Karine Tuil, David Lodge, Eric Vuillard, Sandro Veronesi, Marisha Pessl, Guillaume Sire, Colin Niel, Jean Hegland, Jean Echenoz, Julie Wolkenstein, Odile D'Oultremont, Cécile Coulon, Denis Lachaud, Clarisse Gorokhoff, Blaise Cendrars, Erwan Larher, Sandor Maraï, Elizabeth George, Fanny Taillandier, Emmanuel Carrère, Guillaume Sire (encore), Maggie O'Farrell, Gaëlle Pingault, Anne Collongues, Annie Saumont, Anne-Sophie Monglon, Gaëlle Josse, François Emmanuel, Antoinette Rychner, Pascal Manoukian, Jean-Baptiste Del Amo, Sylvain Prudhomme, Pascal Manoukian (encore), Joachim Schnerff, Anne-Marie Garat, Stéphanie Hochet, Michael Cunningham, Sebastian Barry, Laurine Roux, David James Poissant, Jennifer Murzeau, Tim Willocks, Gabriel Garcia Marques, Christophe Ono-dit-Biot, Jonathan Coe, Nicolas Delesalle, Patrick Süskind, Catherine Meurisse, Aminatta Forna, Matteo Righetto, Richard Powers, Rupi Kaur, Jean-Philippe Blondel, Jean Echenoz (encore), Paolo Giordano, Julie Estève, Christos Ekonomou, Martin Mongin.

N'hésitez-pas à découvrir également le fantastique texte de Delphine.

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Bibliosurf BS 08/04/2020 10:55

Bonjour,
Je me suis amusé de composer un texte bien sombre avec 137 titres des coups de coeur de la blogosphère https://www.bibliosurf.com/?page=topblogosphere
Ce n’est pas un exercice facile.
Cordialement,
BS

Et le mal viendra, toute la violence des hommes, la fabrique de la terreur… 4321, tous, sauf moi. K.O, par les rafales. Sauf Eugenia. Débacle sans lendemain. Une longue impatience face au vent dans les angles morts, richesse oblige, l’institut, à mains nues, cinq cartes brûlées, il est juste que les forts soient frappés. L’homme qui pleure de rire, miroir de nos peines, la soustraction des possibles, régression, jolis jolis monstres, le bal des ombres. Par les routes, un Autre tambour , un monstre et un chaos, Murene, le coeur battant du monde, les patriotes, le chant de l’assassin, les victorieuses, le jour de ma mort, la vie sans toi, prémices de la chute. Un silence brutal, i am, i am, i am sauvage, né d’aucune femme. Dérangé que je suis, dans l’ombre du brasier, nous aurons été vivants, les enténébrés, grace Willnot.
La Mort selon Turner, les Femmes de Heart Spring Mountain, orange amère, piranhas, je suis le fleuve, l’enfant de février, la deuxième Femme, Elmet. Et toujours les forêts, les magnolias, la police des fleurs, des arbres et des forêts, de pierre et d’os, rose désert, un monde sans rivage.
Rien n’est noir. Sale gosse, Francis Rissin. La tentation, oublier Klara, Luca, East Village Blues,
les os des filles, Oyana, Maritima.
Le chant des revenants, les livres de Jakob. Empire des chimères, le poids du monde. La Vraie Vie, moi, ce que j’aime, c’est les monstres. Une douce lueur de malveillance, le grand Nord-Ouest, la Saison des feux, la frontière, Paz. Dernière sommation, La crète des damnés, Opus 77, les refuges, Éden, la Fabrique des salauds. Ici n’est plus ici, nuits Appalaches, raisons obscures.
L’Empreinte, à la ligne, les Frères Lehman smile avec toutes mes sympathies, lèvres de pierre.
Power scalp cette nuit entre deux mondes Jérusalem, Candyland.
Le livre que je ne voulais pas écrire, les fantômes du vieux pays, la salle de bal, l’art de perdre qui ne dit mot consent, personne ne gagne .
L’Enfant qui quand sort la recluse hôtel du Grand Cerf.
La nature exposée, les larmes noires sur la terre, Gabacho, aux vents mauvais, les furies, trois saisons d’orage, seules les bêtes, et les vivants autour, les corps conjugaux, le second disciple, le couteau, la guerre est une ruse délicieuse.
Leurs enfants après eux, les fureurs invisibles du coeur, tenir jusqu’à l’aube.
Mon désir le plus ardent changer l’eau des fleurs, LaRose.
Manger l’autre, écoute la ville tomber des jours sans fin.
L’Année du Lion, treize jours, underground Railroad, les huit montagnes, légende d’un dormeur éveillé, Le diable en personne.

Voguent les mots 03/04/2020 20:15

Oh c'est un défis amusant ! Je devrais m'entraîner pour arriver à faire un texte comme le tien ... :-)

Nicole Grundlinger 04/04/2020 17:30

Oh je ne peux que t'encourager à essayer, tu verras comme on se prend très vite au jeu :-)

Ariane 03/04/2020 18:21

Etonnant !

Nicole Grundlinger 03/04/2020 19:05

et vraiment captivant à faire :-)

Delphine-Olympe 01/04/2020 19:44

C'est aussi sympa à lire qu'à écrire ! J'espère que d'autres prendront le relais !
En tout cas, ton texte est extra - mais c'est plutôt l'inverse qui aurait été une surprise.
Francis est bien là ;-) et c'est sympa de retrouver des auteurs, voire des titres en commun. Bienvenue au club, oui, quand nous aurons quitté ce satané Club fermé ;-)

Nicole Grundlinger 01/04/2020 19:50

J'espère que d'autres vont se lancer, je trouve ça vraiment intéressant : de la gym pour les neurones, un petit exercice littéraire et pendant ce temps tu ne penses pas que tu es enfermée... Merci pour l'idée !

Kathel 01/04/2020 08:58

Très réussi ! Et tu as réussi à caser Francis Rissin ! :)

Nicole Grundlinger 01/04/2020 09:13

Merci ! C'est vraiment très amusant à faire. Tu te lances ?