Gustave, Julian, Loulou, la chance et moi
Depuis quelques mois, je gagne. Des matchs de tennis mais aussi des concours. Dans un cas comme dans l'autre c'est très nouveau et très plaisant. Mon dernier lot fut exceptionnel suite au tirage au sort organisé conjointement par les éditions Quarto/Gallimard et la société des hôtels littéraires : le Quarto consacré à mon auteur chouchou Julian Barnes et une nuit à l'hôtel littéraire Gustave Flaubert à Rouen.
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Si vous avez lu Le perroquet de Flaubert vous savez pourquoi Julian Barnes est étroitement associé à Flaubert ; son enquête littéraire sur les traces du véritable perroquet empaillé qui servit de modèle au Loulou de Félicité dans Un cœur simple est savoureuse et surtout prétexte à une biographie amoureuse de l'écrivain qu'il admire. Premier texte traduit en français de Barnes, il figure tout naturellement dans ce Quarto aux côtés de quatre autres de ses romans ; je les ai tous lus, je les relis et les relirai mais je me réjouis à l'avance des bonus offerts par ce volume, analyses et repères biographiques, quand on aime... Disons que j'ai maintenant le livre que j'emporterais sur une île déserte ou que je sauverais en premier si besoin.
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Le livre m'attendait dans ma chambre d'hôtel avec un petit mot de bienvenue fort agréable. J'avais emporté Un cœur simple pour l'occasion mais un livre de chevet était déjà prévu comme c'est le cas dans toutes les chambres de l'hôtel. Flaubert est partout. Sur les murs, des pages de manuscrits encadrées, des gravures, des citations. Dans les bibliothèques du rez de chaussée et le boudoir dit d'Emma Bovary. Même le perroquet trône en bonne place près de la statue du maître. On se promène dans l'hôtel comme dans un musée. Chaque étage est dédié à une œuvre ou une facette de l'écrivain et sur les portes des chambres une aquarelle signée Jean Aubertin à l'effigie de l'hôte personnalise l'accueil avec style. La mienne se situait au 3ème étage, celui des intimes de Gustave, ses correspondants, et j'ai hérité des frères Goncourt ; mon livre de chevet était un exemplaire des Correspondances dont j'ai picoré quelques extraits avec gourmandise, amusement et un intérêt qui m'incite à le lire pour de bon. Je n'ai pas assez lu Flaubert, je vais y remédier.
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L'écrivain est aussi partout dans la ville (on grimpe sur le toit du Grand Horloge par un escalier décoré d'un extrait de Madame Bovary) et un plan reproduisant le Rouen de 1871 offert par l'hôtel permet de marcher sur ses traces en parcourant les rues chargées d'histoire. Ses lieux de vie mais également ceux qui l'ont inspiré pour des scènes de ses romans, ou encore le Palais de Justice où se tint le procès lié à Madame Bovary. Une autre façon d'appréhender à la fois Rouen et l’œuvre de Flaubert. Un parcours riche, complet et inspirant.
J'avais entendu parler de ces hôtels mais jamais eu l'occasion d'aller voir : c'est fait et je suis totalement convaincue, en tout cas par celui-ci. Je me demande si Julian y est déjà venu... Il ne m'a manqué que ça en fait : m'installer dans le boudoir avec Julian et papoter de Gustave, Loulou, la vie, l'amour et la littérature... Qui sait ? Un jour peut-être ?
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