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Silas Marner, le tisserand de Raveloe - George Eliot

15 Juin 2026 , Rédigé par Nicole Grundlinger Publié dans #Romans, #Thématiques - Evénements

Silas Marner est le plus court roman de George Eliot, publié au mitan de son œuvre romanesque, juste après Le Moulin sur la Floss. Ses biographes et traducteurs précisent que c'est une des raisons pour lesquelles il est souvent conseillé pour entrer dans l'univers de la romancière. Personnellement j'ai commencé par le plus long, le plus foisonnant - Middlemarch - et je prends plaisir à remonter le cours du temps avec des textes moins denses mais tout aussi riches.

Silas Marner est une sorte de conte moral dont les experts s'amusent à chercher les influences autant dans les contes pour enfants que chez Dickens ou George Sand dont Eliot avait lu au moins une quinzaine de romans avant de prendre elle-même la plume. On y trouve tous les ingrédients chers à l'autrice : la campagne anglaise, la société des "petites gens" face à celle des propriétaires terriens, et surtout son regard dont l'acuité mordante ne se départit jamais d'une certaine bienveillance.

Le personnage principal, Silas Marner s'est installé à Raveloe, petite bourgade des Midlands, après quelques mésaventures dont il garde une profonde blessure au cœur. Solitaire, il se tient à l'écart des habitants dont il est néanmoins reconnu pour son travail de tisserand jusque dans la demeure du squire Cass, le personnage le plus important des environs. Le seul plaisir de Marner est de contempler les pièces d'or qu'il amasse au fil des heures passées sur son métier à tisser. Un soir, il découvre sa cachette vide, l'argent envolé. Le pauvre homme est désespéré mais aussi réchauffé par la compassion que lui montrent les villageois. Quelques semaines après la disparition non élucidée de son argent, il découvre en rentrant chez lui une enfant aux cheveux d'or endormie près du feu. Le tisserand va l'adopter et peu à peu s'ouvrir de nouveau aux relations humaines. Le lecteur est tenu bien plus au courant de l'enchaînement d'événements - incluant la fratrie Cass, de basses histoires d'argent et quelques secrets - qui aboutissent au mystère de ces disparitions/apparitions pour Silas. Il peut ainsi apprécier tout à loisir la finesse et le piquant de la narration d'Eliot qui oppose le jeu social des nantis à la sincérité des gens simples, et regarder croitre le lien d'affection entre la jeune Eppie et son père adoptif jusqu'à l'épilogue. 

J'aime beaucoup ce qu'écrit Marie Darrieussecq dans sa préface. Pour elle, Silas Marner est le roman de l'attachement avec le fil comme motif récurrent, et ça me semble très pertinent. D'ailleurs Marner est un personnage terriblement attachant, un bel ambassadeur en faveur des familles recomposées et de l'adoption que l'autrice expérimentait alors dans sa vie personnelle pas vraiment dans les codes de l'époque. Une fois encore, l'attention portée à ses personnages fait toute la richesse des romans de George Eliot et me conforte dans ma résolution : tous les lire.

"Silas Marner, le tisserand de Raveloe" - George Eliot - Folio - 360 pages (traduction depuis l'anglais par Pierre Leyris, révisée par Alain Jumeau.

 

    

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D
Avant de découvrir Eliot, je crois que je commencerai par Jane Austen que je n'ai toujours pas lue. On verra par la suite si j'ai envie de poursuivre mon exploration du XIXe siècle anglais, et féminin !
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N
Oui, Jane Austen est la référence (à juste titre) en tout cas c'est elle qui a commencé. Je suis curieuse de votre rencontre...
A
Je ne suis pas sûre de lire ce livre un jour mais grâce à ton billet j'ai au moins une idée du contenu.
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N
Avec ce genre d’œuvre il n'est de toute façon jamais trop tard.
K
Je ne peux que me réjouir de voir ces romans de g Eliot en lumière, continue, continue (ouaip, je les ai lus ^_^)
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N
Je continue, je continue 😉