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Le petit chien thérapeute - Valentin Spitz

10 Mai 2026 , Rédigé par Nicole Grundlinger Publié dans #Récits

Ça commence par une scène à laquelle on refuse de penser lors de la rencontre mais que tout compagnon d'un animal domestique est forcé de vivre : celle du départ. On le sait, c'est mathématique, après la proximité, les jeux, les câlins, les balades, les ronrons et la connexion liée aux épreuves traversées ensemble, il faudra vivre la mort. Puis l'absence. Un chien, un chat, un lapin... chez les écrivains, la disparition annoncée ou vécue de l'animal chéri est souvent déclencheur de mots, l'écriture devient alors refuge, consolation mais aussi vecteur de (re)découverte.

Les mots de Valentin Spitz sont particulièrement émouvants. La perte de Google le laisse inconsolable tant le petit épagneul était imbriqué dans toutes les facettes de sa vie y compris professionnelle. Une sorte de cothérapeute dans le cabinet du psychologue quand sa présence et ses interventions toujours opportunes - son empathie - débloquaient la parole, créaient le lien, apaisaient les craintes.

"On rencontre un animal comme on rencontre un ami, une amoureuse, un psychanalyste. Il vient combler un manque, nourrir ou sauver quelque chose de nous, une faille fondamentale. Bien sûr que ça ne marche pas et à la mort de l'animal c'est bien pire : on ne guérit jamais de rien."

Quelles failles Google est-il venu combler chez l'auteur ? Avait-il deviné ce chien au tempérament calme qui préférait la ville à la forêt et accomplissait chaque action - y compris manger - avec une dignité so british, avait-il deviné le rôle qu'il tiendrait au cours de ses quatorze années de vie ? Nous n'en savons rien, et c'est d'après Valentin Spitz "un ingrédient majeur de l'histoire d'amour entre l'homme et le chien". Tous ceux qui ont expérimenté ce lien magique et unique en conviendront.

Valentin Spitz fait preuve d'une sobriété touchante pour évoquer la place de Google tant auprès de ses patients que de lui-même, et la pudeur de ce récit est sans doute le plus bel hommage qu'il pouvait rendre au discret et élégant petit chien thérapeute. Google méritait bien un livre dont la lecture pourrait faire perdurer son influence auprès d'autres inconsolables. Quelle plus belle façon de conjurer l'absence ?

"Le petit chien thérapeute" - Valentin Spitz - arléa/la rencontre - 116 pages

 

  

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V
J'ai lu et chroniqué (mais pas encore publié) un livre dans la même veine de Gabrielle Filteau-Chiba : Louve en Juillet.
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N
Ah je ne connais pas du tout... j'attends donc ta publication avec curiosité :-)
K
Oui, faut savoir qu'un animal va nous accompagner des années (donc on s'en occupe bien, avec amour) , et qu'il partira;..
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N
Oui, ça fait partie du package. Mais j'admire les écrivains qui mettent des mots forts sur cette expérience particulière...
A
Cet opus semble très émouvant et interroge aussi sur soi-même.
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N
Absolument. C'est le juste équilibre trouvé par l'auteur entre l'expérience personnelle et l'écho à la communauté des compagnons d'animaux, et c'est très réussi pour cette raison.