Un livre - Fabrice Gaignault
11 Novembre 2025 , Rédigé par Nicole Grundlinger Publié dans #Récits
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Dans Si c'est un homme, son premier livre paru en 1947, Primo Levi fait le récit de ses mois passés en déportation à Auschwitz ; vers la fin il mentionne un livre récupéré quelques jours avant la libération du camp alors que, très malade, il se battait pour survivre. C'est ce livre qui a attiré l'attention de Fabrice Gaignault et qui est l'objet de ce texte court mais intense dans lequel il se penche sur l'expérience intime, singulière et salvatrice que peut être la lecture.
Qu'il s'agisse de témoignages - souvent des récits de captivité où la littérature (parfois son souvenir) est une bouée de sauvetage - ou qu'il s'agisse de romans inspirés à leurs auteurs par cette même croyance en le pouvoir des mots, on sait la force du lien entre littérature et humanité. Je lis donc je suis a-t-on parfois envie de dire. C'est cette expérience que Fabrice Gaignault donne à ressentir en faisant renaître celle de Primo Levi, ce moment à peine effleuré dans Si c'est un homme... "Je passai l'après-midi à lire le livre laissé par le médecin : il était très intéressant et j'en garde un souvenir extrêmement précis."
Ce livre, Primo Levi en reparlera plus tard et surtout, le conservera toute sa vie près de lui. C'est un roman français, Remorques de Roger Vercel, un roman d'aventures maritimes avec tempêtes et sauvetages que Fabrice Gaignault s'est empressé de lire pour tenter d'imaginer les sensations de Primo Levi plongé dans ce texte dans les conditions que l'on sait ; imaginer le dialogue entre le texte et son lecteur épuisé, presque à l'agonie mais soudain ramené à sa vie d'avant, celle d'une famille si éprise de lecture que le père faisait coudre sur mesure à ses costumes des poches à la taille des livres. Tenter de faire ressentir pourquoi Primo Levi disait que ce livre lui avait peut-être sauvé la vie. Ce qui se joue en quelques lignes est viscéral.
Et puis vient la révélation finale. Sidérante, dérangeante, bouleversante. Comme la tempête qui fait rage en ouverture de Remorques, elle fait tanguer toutes nos certitudes. Mais ce texte précieux est avant tout un hommage aux livres, un plaidoyer pour la lecture dans un monde qui la tient bien trop à distance. Et c'est poignant.
"Un livre ne peut changer le monde mais il peut vous changer la vie. Et vous sauver. Un livre. N'importe lequel si vous avez l'impression qu'il a été écrit pour vous. Un livre. Et qui les vaut tous."
"Un livre. Un livre dans la vie de Primo Levi" - Fabrice Gaignault - Arléa / La rencontre - 88 pages
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