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Les désarmantes - Caroline Bouffault

30 Août 2026 , Rédigé par Nicole Grundlinger Publié dans #Romans

Par un heureux hasard j'ai découvert cet été Charlotte Perkins Gilman et son roman Herland dont l'écho avec Les désarmantes est très fort. Il y a un peu plus d'un siècle, l'autrice imaginait la découverte par trois explorateurs ébahis d'un pays sans hommes où les femmes se débrouillaient fort bien depuis plusieurs siècles, y compris pour se reproduire. Une utopie rangée au rayon science-fiction mais une vraie réflexion sur l'influence sur la société d'une virilité à l'origine de la la violence. C'est exactement sur cette idée que rebondit Caroline Bouffault avec la malice qui la caractérise

Les désarmantes est bien ancré dans le 21ème siècle, sans doute à quelques années d'aujourd'hui. Une guerre ravage le continent eurasien mais en France, un courant pacifiste mené par une femme a remporté les élections à la surprise générale et entrepris une véritable révolution sociétale. Un armistice négocié au prix de l'amputation d'une partie du territoire et la mise en place d'un gouvernement entièrement féminin. Les hommes ont été exclus de toute fonction dirigeante et, pour les plus anciens regroupés dans des villages où ils sont rééduqués. Rebaptisé Nouvelle-Gallia, le pays reste assez fermé suscitant dans le monde des sentiments divers, entre mépris et accusations de népotisme. Vingt ans déjà que la république pacifiste est en place et une journaliste québécoise, Alba Larochette est accréditée par les autorités pour un séjour de quelques semaines. Fascinée par ce qu'a entrepris la présidente Imogène K., la jeune femme espère se confronter à la réalité de cette nouvelle société, et bien sûr en témoigner. C'est à travers elle que nous allons découvrir à quels défis se heurte cet idéal - comme d'autres avant lui - dans sa mise en œuvre. 

On retrouve dans ce roman les questionnements de Perkins Gilman autour de la volonté guerrière représentant la quintessence de l'influence virile ou de l'idéalisation de la possession jusque dans la procréation. Avec un souci supplémentaire : que faire des garçons et des hommes  ? Pour Imogène K., la séparation est forcément transitoire et doit aboutir à une "Grande Réintégration" après remise à niveau. Mais les situations des différentes générations provoquent des questionnements complexes et évolutifs... C'est toute l'habileté de Caroline Bouffault qui ne tranche pas, explore les solutions à l'aune des problèmes qu'elles engendrent et s'attache à nourrir ses personnages autant que la matière romanesque d'une histoire qui résonne fort avec les gesticulations actuelles de certains spécimens masculins. La fable est piquante et pas tout à fait innocente. Anticipation ? L'avenir nous le dira.

"Les désarmantes" - Caroline Bouffault - Fugue - 326 pages

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V
ça ressemble en effet beaucoup à Herland. Bon pas attirée plus que ça.
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N
Alors non justement ça n'y ressemble pas, ça rebondit simplement sur une même idée mais sans l'idéologie véhiculée par Herland.
D
C'est suffisamment rare pour que j'ose le dire : sur ce coup-là, tu ne m'as pas convaincue. Mais tu contribues bien assez comme ça à augmenter ma pal :-D
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N
Heureusement que nous ne nous convainquons pas à chaque fois, ce serait la ruine :-)
K
Haha encore une pépite, que j'espère trouver.
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N
Eh bien je te le souhaite, oui 🙂
A
L'avantage des romans, c'est qu'ils nous permettent d'explorer les solutions les plus folles.
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N
Et surtout de poser des questions pas si folles ;-)
A
A priori, ce n'est pas trop mon truc, l'anticipation, l'utopie ... Mais le roman semble effectivement plus malicieux que didactique d'après ton résumé. Je retiens par curiosité ...
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N
Et surtout c'est un vrai roman avec un univers très bien construit que l'on se représente facilement. Rien de didactique, non pas comme Herland dont l'autrice était plus une essayiste qu'une romancière.