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Solo - William Boyd

22 Mai 2014 , Rédigé par Nicole Grundlinger Publié dans #Polars

Solo - William Boyd

James Bond n'est pas anglais mais écossais par son père et suisse par sa mère. Est-ce ce qui a décidé William Boyd à accepter la proposition des héritiers de Ian Fleming, à savoir écrire une nouvelle aventure du célèbre 007 ? Peut-être. Il a tenu en tout cas à rappeler ce point dès les premières pages du livre, tout comme il a expliqué avoir relu tout Ian Fleming pour revenir aux racines du personnage et se délester des différentes interprétations ou images issues des nombreux films réalisés depuis. Boyd / Bond, une seule lettre les sépare, ces deux-là étaient faits pour se rencontrer. Visiblement, William Boyd s'est bien amusé et le résultat est un parfait exercice de style, qui semblera aussi familier aux amateurs de Bond qu'aux inconditionnels de Boyd.

Partie intégrante de la deuxième catégorie depuis de nombreuses années, je n'ai pas été étonnée du choix de l'auteur de situer la mission de James Bond en Afrique, continent où il est né, où il a grandi et où se passent déjà certaines des histoires qui l'ont fait connaître : "Un anglais sous les tropiques" et "Comme neige au soleil", ce dernier roman ayant à l'époque tellement plu à Bernard Pivot qu'il avait offert de rembourser chaque téléspectateur qui n'apprécierait le livre ! Quand on connaît les chiffres d'audience de ses émissions à l'époque, il fallait oser. William Boyd invente donc un pays, le Zanzarim, qui synthétise un certain nombre de fléaux et drames bien réels sur le continent, famine, guerre civile, enjeux liés à l'exploitation des matières premières et notamment le pétrole. De quoi tisser un contexte géopolitique aux petits oignons, dans ce petit état où gravitent tous ceux qui espèrent tirer un quelconque profit, entreprises et gouvernements. Et où débarque James Bond, chargé tout simplement de mettre fin à cette guerre qui ruine les ambitions des grandes compagnies pétrolières. La routine pour 007, sous l'identité d'un journaliste travaillant pour une agence de presse française. On ne va pas dévoiler ici les péripéties ni l'intrigue, ce serait gâcher le plaisir. Il suffit de savoir que 007 ne chôme pas, se retrouve dans des situations pas forcément simples, n'oublie pas de passer un peu de bon temps (deux femmes par épisode, c'est la règle), fume comme un pompier et descend des litres d'alcools divers. Heureusement, il ne se départit jamais de son flegme légendaire même si, cette fois, il est animé d'une envie de vengeance pourtant contraire aux règles du bon espion, qui l'amène à agir en solo (d'où le titre).

Finalement, c'est bien un roman de William Boyd que l'on referme, ravi du voyage (3 continents), de l'aventure (deux cicatrices de plus pour le héros) et du dépaysement (1969, les pantalons pattes d'eph...) en compagnie d'un personnage qu'il nous semble connaître depuis presque toute notre vie mais que Boyd nous rend encore plus proche en braquant les projecteurs sur ses renoncements. Exercice réussi donc. Mais je n'en doutais pas.

"Solo" - William Boyd - Seuil - 342 pages

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