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Rue des Camélias - Mercè Rodoreda

28 Mai 2026 , Rédigé par Nicole Grundlinger Publié dans #Romans

Grâce aux belles rééditions de Zulma je poursuis ma découverte de l’œuvre de Mercè Rodoreda. Après Le Jardin sur la mer et son atmosphère délicieusement surannée, Rue des Camélias offre une toute autre ambiance. Fleurs et jardins tissent un lien mais ils sont ici les seuls éléments un peu lumineux et tangibles, à la fois consolateurs et source de beauté. Car tout est flou à commencer par la temporalité, impossible de dater les événements. Pour l'héroïne, Cécilia, c'est le flou des origines qui détermine celui dans lequel elle évolue bien difficilement par la suite. Abandonnée bébé rue des Camélias devant la grille d'une maison, recueillie par un couple modeste mais aimant, elle semble grandir de façon harmonieuse dans le refuge d'un jardin luxuriant. Pourtant, à 15 ans elle s'enfuit avec le premier sourire venu et entame une vie de misère dans une baraque (sorte de bidonville) jusqu'à n'avoir plus d'autre choix que la prostitution. Ballotée de "protecteur" en "protecteur", elle semble indifférente à son sort et l'on peine à comprendre ce qui la meut.

L'autrice distille des éléments qui tissent une atmosphère étrange. Il y a cette couleur violette qui apparaît aux moments clé, ou l'irruption d'objets qui semblent revêtir une importance que j'ai eu du mal à saisir. Si l'écriture de Mercè Rodoreda m'a tenue - heureusement car le final est superbe - j'ai eu l'impression de ne pas avoir les clés pour bien appréhender son propos. Alors que j'avais été très sensible au charme du Jardin sur la mer, cette histoire m'a laissée perplexe, un peu triste de ce manque de connexion, incapable de décrypter le sens de la tristesse qui irrigue ce roman et que je devine liée à l'existence de l'autrice, peut-être à l'expérience de la solitude au-delà du destin de Cécilia. Comme l'impression de rater quelque chose. Reste la beauté d'une écriture, qui n'est jamais du temps perdu.

"Rue des Camélias" - Mercè Rodoreda - Zulma - 256 pages (traduit du catalan par Edmond Raillard) ...

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S
Je comprends ton ressenti ! Moi aussi j'ai été assez déstabilisée par ce texte ! J'avais adoré la poésie tranquille du jardin sur la mer, et j'ai trouvé celui-là très éprouvant. Le flou mental de l'héroïne est très bien rendu à l'écriture, mais cela rend la lecture un peu laborieuse je trouve. On attend une respiration qui peine à venir !
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N
Une respiration, le lever d'un coin du voile... oui c'est étrange ce que l'on ressent, mais c'est tout de même une empreinte.
D
Ta dernière remarque est très juste. Toutefois, le propos général de ton billet ne m'incite pas vraiment à la lecture.
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N
Je ne pense pas que tu 'y serais intéressée, même sans mon billet.