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Mon été avec les deux George : plus que positif !

8 Août 2026 , Rédigé par Nicole Grundlinger Publié dans #Romans, #Thématiques - Evénements

Mon été avec les deux George s'achève et l'heure du bilan a sonné. C'est la première fois que je m'astreins à une thématique pendant aussi longtemps et j'ai trouvé bien agréable de prendre le temps de l'exploration et d'avoir un peu de suite dans les idées. L'envie m'était venue après la lecture de l'essai de Mona Ozouf L'autre George et elle s'est avérée d'une grande pertinence. Il y a une cohérence dans les thèmes abordés et il est amusant de pointer les influences, les divergences dans les traitements ou dans les contextes politiques de chaque côté de la Manche. Le seul problème est que j'ai pris goût à cette incursion prolongée au 19ème siècle et que je peine à revenir à la littérature contemporaine. Pas grave.

Commençons par George Sand puisque le terrain était quasi vierge. J'avais des a priori à la pelle, alimentés par la mauvaise presse longtemps faite à sa prose (de la romance, trop de romans donc pas aboutis, des trucs de bonne femme...) et nourris par les mauvaises expériences glanées auprès de celles et ceux qui avaient peiné sur les mêmes titres au collège (La mare au diable...). Lorsqu'il m'a fallu choisir mes lectures j'ai découvert la liste pléthorique de ses écrits alors qu'on ne parle que d'une poignée d'entre eux... J'en ai sélectionné quatre en essayant de couvrir plusieurs décennies de sa production : Indiana, Pauline, Mauprat et Mademoiselle Merquem ; à cela est venu s'ajouter le roman de Stéphane Guégan Les amours de George, une des nombreuses publications opportunes de cette année du 150ème anniversaire de sa disparition. Et j'ai été agréablement surprise par les multiples facettes qui composent l'univers de Sand, par l'évolution de ses héroïnes, par ses obsessions (dans le bon sens du terme) liées à l'éducation, à l'émancipation des filles, à l'évolution vers une société plus juste, plus égalitaire, plus protectrice. Thèmes que l'on trouve notamment dans Mauprat et Mademoiselle Merquem. Je ne suis pas complètement convaincue par la forme, je trouve ses compositions romanesques souvent inégales mais jamais inintéressantes. Mais cette exploration m'a donné envie d'en savoir plus sur George Sand elle-même : je lirai donc son Histoire de ma vie trouvé chez un bouquiniste, peut-être l'été prochain...

Concernant George Eliot dont j'avais déjà lu Middlemarch et Le Moulin sur la Floss, ce fut une confirmation et même un feu d'artifice ! Je suis raide dingue de cette autrice au point que j'aimerais suivre un cours de littérature sur son œuvre. Sept romans seulement mais quels romans ! Il me manquera Adam Bede (son premier) et Romola (qui à ma connaissance n'est pas traduit en français) ainsi que deux des trois nouvelles de son premier recueil dont je n'ai lu que Les tribulations du révérend Amos Barton. Mais avec les deux précités plus Silas Marner, Felix Holt, le radical et Daniel Deronda j'ai un aperçu grandiose de son œuvre, de sa pensée et de sa virtuosité romanesque. Sa prose est un régal pour l'esprit, j'ai savouré avec bonheur la profondeur de ses textes, son réel intérêt pour ses personnages quelle que soit leur importance, ses héroïnes inoubliables, sa finesse dans l'analyse psychologie, l'acuité de son regard, son humour d'une intelligence revigorante... Chacun de ses textes peut faire l'objet d'une thèse, c'est d'une richesse folle. Terminer avec Daniel Deronda fut un éblouissement. Bref, je suis amoureuse et j'aimerais qu'on la lise beaucoup plus, si ses romans sont souvent dodus c'est pour mieux nous satisfaire croyez-moi. Maintenant que j'ai rencontré presque tous les personnages de George Eliot je vais me faire un plaisir : relire Mona Ozouf qui met si brillamment en rapport l’œuvre d'Eliot avec ses expériences personnelles (et ses choix de vie n'étaient pas moins audacieux que ceux de Sand).

Voilà, je n'ai pas perdu mon été moi et, faute d'avoir convaincu beaucoup de monde de m'accompagner j'espère au moins avoir donné envie de dépasser les a priori sur George Sand et d'aller rencontrer George Eliot sur d'autres terrains que Middlemarch. Reste une inconnue que j'aimerais élucider : je sais que Eliot a lu Sand (et bien avant de se mettre elle-même à écrire) mais j'ignore si la réciproque est vraie. Si quelqu'un a la réponse, je prends.

 

 

 

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